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"La fin de l'histoire" affirme une foi en l'homme, en sa capacité de dépassement, de surpassement. La croyance au progrès trouve son essor dans le concept de fin de l'Histoire de Hegel : la raison, la technique doivent permettre la résolution des conflits pour enfin aboutir à un temps sans tension, hors contradiction.

Les lieux de "la fin de l'histoire" s'imposent par leur rigidité monolithique et se présentent comme des vérités immuables. Leur statuaire colossale donne le sentiment d’être pérenne et fait oublier puis contester un instant la vérité portée par la série "Heterotopia, la chute tragique", la vanité du monument et la précarité des sociétés.

La croyance au progrès est séduisante et irrésistible. Mais elle flatte autant qu'elle rend aveugle. Siégeant au milieu de cette exubérance artificielle, de cet excès de civilisation, parfaitement arraché à la nature qui apparaît ici comme objet de deuil, le spectateur perd ses repères et s'enfonce dans l’abîme culturel. Son regard ébloui est dépassé mais s’évertue vainement à reconnaître ce qui, au fur et à mesure qu'il avance, l'engouffre et le fait disparaître. Le temps de l'homme, celui qui le constitue en tant qu'être dans la nature, est dépassé. Prend place alors le temps de la fin de l'Histoire qui ingurgite l'homme et sa forme putrescible pour enfin en faire disparaître la part naturelle au cœur de ses entrailles inorganiques.